Chroniques du temps passé

Extraits du Journal de Vienne et de l'Isère




Journal de Vienne, 20 septembre 1874

Où l'on apprend qu'une ombrelle a été trouvée sur la voie publique …

Où l'on apprend également que de légers blessés de l'incendie du Gauchon ont été soignés par M. le docteur Michalon.

A propos de ce Gauchon, un ensemble d'ateliers de cardes entre la Gère et la rue Cuvière, il avait déjà été réduit en cendre par un incendie dans la nuit du 15 au 16 janvier 1864.
La main criminelle d'un enfant de 15 ans allumait presque chaque soir un incendie dans des usines de Vienne, cela aurait, paraît-il, duré pendant presque un an.

***

Journal de Vienne, le dimanche 27 septembre 1874

On apprend que le domestique d'un propriétaire est entré dans une cuve pour fouler la vendange de son maître en sortant de souper. A peine entré dans la cuve il fut pris de syncope, asphyxié par l'acide carbonique. Le propriétaire, voulant porter secours à son domestique, est entré lui aussi dans la cuve, et lui aussi pris de syncope a été retiré à temps grâce aux voisins.

« Le sieur M. a pu être rappelé à la vie » « grâce aux soins qui lui ont été prodigués par M. le docteur Michalon, immédiatement appelé », mais qui « n'a pu que constater le décès » du malheureux domestique.

Conseil du journal : « On ne saurait trop recommander aux vignerons de prendre garde au danger auxquels ils s'exposent en entrant dans une cuve immédiatement après le repas. »

***

A noter que le docteur Michalon s'est installé à Vienne en juin 1874 et a commencé ses premières visites le 11 juin.

***

Journal de Vienne, 31 janvier 1875

On nous informe que, le 30 janvier, un individu se trouvant sur la voie entre Estressin et Chasse, à trois heures du matin au moment du passage d'un train, a été renversé d'un coup de tampon et lancé devant la machine. Il a eu la jambe coupée à la hauteur de la cheville.
M. le docteur Michalon n'a pu que constater le décès.

Conclusion du journal : « Comme la présence de ce malheureux sur la voie à pareille heure est inexplicable, on peut supposer que cette mort est le résultat d'un suicide. »

***

Journal de Vienne, 14 octobre 1877

Nous informe en exclusivité qu'à la loterie du Bon Pateur M. Sylvestre a gagné Chemin de la croix à Jérusalem (précision entre parenthèses : livre)(au cas où il aurait déjà commencé ses valises), M.A.g. Glayzolle des pantoufles, Mlle Adèle Duchêne un abonnement au Journal de Vienne, monsieur Pétrequin un porte-monnaies cuir rouge, Joseph Vaganay un bébé à articulation et M Michalon Croix et cœur acier (?)

La liste est très longue, il semble que tout Vienne ait gagné quelque chose.
Pour plus de détails 

***

Journal de Vienne, 30 décembre 1877

On y apprend que, le 24 décembre, « un tombereau de boucher, lancé à fond de train, heurta sur la place de la Croix-Rouge une voiture qui fut brisée par le choc ». Le conducteur « fut violemment projeté sur le trottoir et gravement blessé à l'épaule. M. le docteur Michalon a constaté une fracture de la clavicule.
Quant à l'auteur de l'accident, il continua sa route sans s'inquiéter des conséquences de son imprudence. Mais il a été reconnu, et un procès-verbal a été dressé contre lui. »

On y apprend aussi que le même jour, on retira des eaux du Rhône le corps d'un cafetier de la rue Victor-Faugier, à Vienne.
Conclusion du journal : « Le cadavre ne portait aucune trace de violence ou de blessure. La mort doit être attribuée à un accident ou un suicide. »

On se suicidait beaucoup à Vienne à cette époque… Espérons que M. le docteur Michalon n'était pas complice.

***

Toujours le 30 décembre 1877

Obsèques de M. Riondet maire de Vienne (d'où le fameux quai Riondet de notre enfance).

L'ordre du cortège était ainsi réglé :
L'œuvre du Bon-Pateur; l'œuvre de Saint-Vincent-de-Paul; l'orphelinat de l'Hôpital; … si vous voulez la suite, cliquez ici car la liste est longue, mais elle vaut son pesant d'or.
Petite devinette : trouvez ou se trouve le corps.

Le nom du docteur Michalon n'apparait pas, sans doute était-il occupé à constater la fracture de la clavicule.

***

Journal de Vienne, 27 juillet 1898

Où l'on peut lire les commentaires sur le discours, lors de la distribution des prix de l'Institution Robin, d'un professeur qui « s'élève avec une vigoureuse et sobre éloquence contre la suppression de l'idéal en matière d'éducation. » Et qui soulignent ensuite que « Nous avons été de meilleurs colonisateurs que les Américains. »

Où l'on peut lire également que Paul Michalon (classe élémentaire 1re division) fait partie des élèves les plus souvent nommés.